Villeneuve-d’Ascq : Alzheimer, ce lieu où aidants et aidés retrouvent une vie sociale

C’est le seul endroit de la métropole, avec sa structure jumelle à Lille, où les malades d’Alzheimer et leurs proches peuvent participer ensemble à des activités ludiques et culturelles. À Ascq, une association propose une halte pleine de sens quand souvent les amis s’envolent après le diagnostic.

 

alzeimer, retrouver une vie sociale

« Comment ça va Pierre ? ». La réponse est invariable : « Je ne sais pas. » Les bénévoles et les proches des autres malades savent donc qu’aujourd’hui Pierre (nom d’emprunt) va bien. Sinon, il n’aurait pas franchi le seuil de la maison Delessalle.

Pierre est atteint d’Alzheimer. Son sourire et sa bonne humeur décrivent mieux que ses mots son plaisir d’être entouré. Visage tendu, Monique (nom d’emprunt), son épouse, va pouvoir souffler. Retrouver un peu de vie sociale sans culpabiliser d’avoir laissé Pierre à la maison, prisonnier de ses symptômes et de leurs dangers. « Les aidants sont particulièrement isolés lorsque la maladie survient : les amis, la famille ne viennent plus les voir par peur, parce qu’ils ne savent pas comment se comporter par rapport au malade », décrypte Édouard Bouche, président de l’Escale des aidants.

Ici, tous les bénévoles sont formés. Aucun risque qu’ils ne s’offusquent d’un comportement jugé « déplacé » ailleurs. Beaucoup, comme Annie, ont connu la maladie de près : « J’ai accompagné un proche pendant sept ans ». D’autres, comme Mathilde, 25 ans, étudiante en psychologie, veulent en faire leur métier. Elles vont entourer le malade d’un cocon pendant trois heures. Prendre le relais. Pas de stress pour l’aidé : son aidant reste dans son champ de vision. Et réciproquement.

Le malade et son proche participent aux mêmes activités. « Exposition de peinture, musée, jeux de cartes : l’activité devient le prétexte à la communication », assure Philippe, responsable de l’antenne villeneuvoise. Récemment, un malade a ramené une musique qui le rattachait à un souvenir : « La chanson de Dire Straits sur laquelle il avait rencontré son épouse ». Peu importe le stade de la maladie : « Cela se passe toujours mieux qu’on ne le pense », assure Édouard Bouche.

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